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Voyage en Cote d'Ivoire

 

SAMEDI 30.11.91

DIMANCHE 01.12.91

LUNDI 02.12.91

MARDI 03.12.91

MERCREDI 04.12.91

JEUDI 05.12.91

VENDREDI 06.12.91

SAMEDI 07.12.91

DIMANCHE 08.12.91

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Départ par le vol UTA de Nice à 01.25 avec 1 heure de retard , escale à OUAGADOUGOU vers 7h du matin. Arrivée à ABIDJAN à 8h. (décalage de 1H en moins).

A la descente d'avion, nous suffoquons…il fait tellement chaud et l'air est tellement humide qu'il nous est difficile de respirer pendant quelques instants: Le ciel est gris , plombé de gros nuages . On ne voit pas le soleil en dépit de la chaleur . Ce type de temps nous accompagnera pendant pratiquement tout notre séjour. Par contre pendant la nuit le ciel se débarrasse des nuages et devient plus clair.

A l'aéroport , comme nous l'ont dit les Robin ( nos hôtes ), nous cherchons désespérément le porteur n"1 que nous a recommandé ma soeur,sésame de l'aéroport. Il est celui qui doit pouvoir nous faire passer la douane sans problème, pour gagner du temps , bien que nous n'ayons rien d'illégal dans nos valises, simplement pour gagner du temps. Ce N°1 est très difficile à trouver dans cet océan de visages noirs qui à nos yeux inaccoutumés semblent tous se ressembler ! Et en plus, il y a une cohue incroyable et nous devons faire la queue pour passer les formalités de police.

On nous demande où nous allons habiter . On répond chez Robin Boite Postale 75 Abidjan . En effet il vaut mieux donner la boite postale plutôt que l'adresse, paraît-il. C'est Adrienne aux yeux de lynx, qui repère le n"1 la première et nous lui courrons après . Le dit Numéro 1 est tout petit, chétif et en fait handicapé par une boiterie ce qui fait qu'il ne porte aucune valise. En fait il s'occupe déjà de plusieurs voyageurs. Il me demande "combien tu me donnes patron ?" ( patron c'est moi semble-t-il), et je lui réponds comme on me l'avait dit :" c'est le patron qui m'attend dehors qui te payera ".

Nous attendons nos valises sur le tapis roulant . Le temps passe.. Nous commençons à nous faire du souci. Peut être nos bagages sont ils descendus à OUAGADOUGOU, l'escale précédente ? Pendant ce temps le n'1 virevolte d'un client à l'autre. De porteur il n'a que le nom . Il ne portera rien car il a, à sa charge une bonne demi-douzaine  de voyageurs. Pour le moment , les autres attendent que nous ayons récupéré nos bagages.Enfin nous les avons , et comme un troupeau de moutons, le n"1 nous rassemble pour nous diriger à la queue leuleu vers la douane.

 Il nous indique le bon douanier à qui il chuchote quelques mots dans sa langue maternelle (peut être que c'est son cousin ou son frère . Pour le moment je trouve qu'ils se ressemblent tous, à part le poids et la taille !!) . Nous passons toujours sous la conduite du n'1.

 Juste avant la sortie nous tombons sur un uniforme . Stop ! . Douane volante ! qu'il nous dit, et de poursuivre "c'est une surprise !". Apparemment ce n'est pas un copain du n° l , et nous devons ouvrir les valises avant de pouvoir continuer.

A la sortie Michèle et Alain nous attendent. Enfin des visages familiers!

Nous embarquons dans la voiturede nos hôtes,une 405 Peugeot , après qu'Alain eut donné un royal pourboire au n'1 à qui nous disons au revoir . Pour convertir des francs français en francs CFA (monnaie de plusieurs pays africains, autrefois colonies françaises) il faut multiplier par 100 et diviser par 2 (ex l00Fr=5000 CFA) Pour l'opération inverse , diviser par 100 et multiplier par 2 (ex 10000 CFA =200F).

Nous voilà sur la route conduisant de l'aéroport à la maison des Robin .Au loin, nous apercevons de beaux buildings modernes tandis que sur les côtés  de la route nous voyons des cabanes en bois en tôle , en plastique qui traduisent une pauvreté évidente.

Nous arrivons à la maison. Dans une rue sans trottoir, sur les bas cotés il y a de l'herbe. Nous nous arrêtons devant la grille qui est ouverte par un gardien. Il s'agit d'une résidence comprenant plusieurs immeubles et pavillons, qu'on appelle ici une CONCESSION.

Ma soeur,Michèle, habite dans un immeuble , au premier étage. Je tente de prendre les valises , mais c'est un autre gardien qui les porte dans l'appartement. Il va falloir s'habituer à se faire servir . La concession est constamment gardée : 2 gardiens de jour et 2 gardiens de nuit . De plus les locataires sont reliés par des appareils de radio portables à un central de sécurité qu'ils peuvent appeler en cas de problème . Des voitures circulent la nuit pour surveiller les concessions et vérifier que les gardiens ne sont pas endormis. Bref ce n'est pas très rassurant. La concession est bien entretenue Des beaux jardins fleuris . Des pelouses manucurées.Pas un seul papier par terre . Les voitures sont garées sous des auvents. Nous sommes surpris par le contraste de température dès notre entrée dans l'appartement. La climatisation marche à fond et il fait froid après l'étuve de l'extérieur. Nous sommes accueillis par Suliman, le boy. Age de 28 ans il est originaire du Burkina Faso comme la plupart des boys . Il n'y a pratiquement pas de boy ivoiriens. Suliman est mince , 1,60 environ , vêtu d'un pantalon et d'une veste blanche . Il est de confession musulmane et sait tout faire : la cuisine , le ménage , le repassage , la lessive et j'en passe.

On n'a plus le droit de faire quoi que ce soit, même pas un café sans lui demander la permission. Sur la demande de ma soeur, nous avons apporté pour Suliman des antibiotiques car il a souvent des infections dentaires et ici les médicaments sont chers et ne sont pas remboursés. Il nous en est reconnaissant et sera aux petits soins pour nous jusqu’à notre départ.

Suliman est en fait très gâté par ses patrons paraît-il. Il arrive le matin à 7h30 et quitte vers 14 h pour aller apprendre à lire et à écrire le français dans une école aux frais de Michèle et Alain . La plupart des autres blancs gardent leur boy jusqu'à 21 ou 22h. Lorsqu'il est malade M&A lui paient ses frais médicaux. I1 mange le même repas que ses patrons alors que d'autres obligent leur boy à apporter son repas. Enfin il est payé l’équivalent  de 600 Fr. par mois , soit le double du salaire minimum.

 Il n'a qu'une seule femme et n'a pas l'intention d'en prendre d'autres. Il a un petit garçon. Il est très sensible et prend ses obligations de boy très à coeur.

 Quand quelques jours plus tard Michèle et Adrienne resteront un jour au lit à cause d'une diarrhée accompagnée de vomissements, il en perdra l'appétit, ne mangera pas à midi et il oubliera complètement d'assaisonner la salade. Il fera même des prières pour que les femmes des patrons guérissent au plus vite . Moi j'ai quand même préféré leur donner des médicaments pour être sûr.

La CIE , la compagnie ivoirienne d’électricité où travaille Alain, le mari de ma soeur,, appartenait avant à l'état. Elle a été privatisée à 49% et rachetée par l’EDF et la compagnie BOUYGUE. La privatisation est la conséquence d'un déficit de plusieurs milliards de francs CFA dû à une très mauvaise gestion . Alain a donc été détaché avec d'autres personnes pour mettre au point un système informatique de gestion comptable . I1 n'existe pas de paiement par chèque et encore moins de prélèvement automatique . Chacun doit donc venir payer sa facture en espèce à une caisse , et comme tout le monde attend le dernier moment et qu'il y a peu de centres de paiement , je vous laisse imaginer la pagaille au guichet. Il y a aussi des collecteurs qui vont sur place encaisser et il n'est pas rare qu'ils disparaissent avec la recette . Le plus mauvais payeur est l'état et ses différentes administrations qui doivent des sommes phénoménales.

 La compagnie est dirigée par un Africain , et il n'y a qu'une poignée de blancs qui participent. Mais il y a beaucoup de jalousies de la part des Africains qui se sont vus rétrogradés dans leur poste et leur responsabilité vis à vis des blancs.  Nous sommes donc à l'appartement. Nous vidons nos valises et rangeons nos affaires avant de prendre une bonne douche après nos 7 heures d'avion . Comme il y a un peu de buée dans la salle de bain j'entrouvre la fenêtre pour aérer . Erreur qui peut être fatale.

Michèle m'apprend que la larve de la mouche de CAYOR peut se trouver une serviette humide, et qu'en m'essuyant  la larve peut se glisser sous ma peau, s'y enfouir et s'y installer. Au bout de quelques jours va se former un gros furoncle duquel sortira une grosse larve. Une pression modérée à la base du furoncle suffit la plupart du temps à faire sortir la larve. C’est assez dégoutant ! Du coup je vérifie bien la fermeture de la salle de bains à chaque fois. A noter que le  repassage à fer très chaud, sur les deux faces des tissus est utilisé pour tuer les larves et œufs potentiellement présents sur les vêtements.

Comme Alain ne travaille pas aujourd'hui nous profitons de sa voiture pour aller faire un tour au marché  de COCODY . Marché pour touristes situé dans une partie assez résidentielle d'Abidjan (voir plan). Dès notre arrivée nous sommes assaillis par des jeunes enfants qui nous proposent de surveiller la voiture . Puis par d'autres qui essayent de nous vendre , montres , figurines , ceintures , colliers etc. Nous entrons dans le marché qui se trouve sous un abri et sur 2 étages. C' est un véritable labyrinthe où nous progressons en file indienne en tachant de garder le contact avec le précédent  pour ne pas se perdre. L'espace est restreint et il est difficile de se croiser. De chaque côté  des étals . Un amoncellement de tissus, bijoux, ivoire, cuir, bois d'ébène .... et à chaque fois nous sommes interpellés par les vendeurs pour venir voir la marchandise . Michèle  salue tout le monde , apparemment elle est déjà venue plusieurs fois ici . Elle nous conduit dans les endroits les plus intéressants et commence à marchander . Il n'est pas rare d'arriver au dixième du prix demandé au départ . Et cela d'autant plus facilement qu'on se trouve près de la fin du mois , moment des échéances. Les vendeurs sont alors même près à vendre à perte.

Mais aujourd'hui nous sommes venus seulement visiter et regarder.

 

 

 

Abidjan

 Nous promettons que nous reviendrons pour acheter. Les ivoiriens sont gentils , ils sourient beaucoup , ils ne sont pas agressifs , et acceptent nos arguments. Ils nous appellent "patron" ou "" pour les hommes , et "maman" ou "tatie" pour les femmes. De plus , les vendeurs de ce marché connaissent Michèle qui pour être équitable achète chez l'un ou l'autre alternativement. En fin de compte ils ont la même marchandise et les mêmes prix.  Après 1 heure de promenade nous ressortons à l'air libre car à l'intérieur de ce marché , le mariage de la chaleur et des odeurs ne font pas très bon ménage. De retour à la voiture nous sommes de nouveau assaillis par une nuée de "gardiens" de la voiture , et ce sera celui qui sera le plus près d'Alain qui recevra le pourboire faute de savoir qui a gardé la voiture.

 Ce jour là, a lieu le marathon d'ABIDJAN et à un feu rouge nous arrêtons la voiture. Nous descendons puisque de toutes façons nous ne pouvons pas continuer. 700 participants ça fait du monde à voir défiler avec des accoutrements de toutes sortes et de toutes les couleurs

 En short . En pantalon . Des noirs . Des blanc (très rares) . Tout  le long de la route , on distribue des sortes de berlingots en plastique transparent contenant de l'eau glacée aux concurrents qui en veulent. Lorsque nous pouvons enfin passer , nous revenons à la maison en passant devant la cathédrale d'Abidjan , très moderne construite par une société Israélienne , que nous aurons l'occasion de visiter plus tard. Du point de vue religieux il y a 30% de musulmans . 15% de catholiques et le reste est constitué  par des croyances locales . Malgré tout les musulmans et les catholiques restent aussi animistes . Par exemple le président HOUPHOUET BOIGNY qui a fait construire la Basilique de Yamoussoukro en pleine brousse et qui est donc catholique , il a 91 ans et sera enterré paraît-il sur 100 crânes qu'il faudra trouver . II y a ainsi des gens qui sont entretenus toute leur vie et qui savent qu'ils mourront en même temps pour fournir les crânes . C'est la même chose pour les chefs de village qui ont droit aussi a une sépulture spéciale.

 Le soir A&M nous invitent dans un restaurant "La chaumière" où nous mangeons des langoustes grillées à bon marché. Bien sûr devant le restaurant nous trouvons les inévitables gardiens. C'est une grande cour avec des îlots recouverts de chaume sous lesquels se trouvent les tables.

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DIMANCHE 01.12.91

 Le changement de lit , la chaleur , les oiseaux bruyants du matin font que le réveil est matinal . Depuis le salon on aperçoit par la grande baie vitrée les grands arbres du jardin , puis la rue . Peu de voitures. Surtout des piétons marchant d'un pas nonchalant Il est 6h30 du matin . Les arbres bougent sous le vent. Dans l'atmosphère fraîche de la maison j'imagine , en ouvrant la porte fenêtre , qu'il fait bon dehors sur le balcon . Au contraire la chaleur est étouffante dès  que je mets le nez dehors. Aussi chaud que la veille dans la journée . De l'autre côté  de la rue , il y a une cour d'école , une échoppe constituée d'une cabane en bois avec un toit en tôle ondulée, puis quelques autres habitations en dur ou en boue séchée. C’est difficile à dire. De la cabane je vois de temps en temps sortir ou entrer quelqu'un . L'échoppe a 2 entrées dont une doit être le côté  habitation (elle ne doit pas faire plus de 6 m2 au total . Devant la porte un homme fait ses ablutions . Il se lave les pieds , les mains et la figure à plusieurs reprises avec l'eau qu'il récupère d'une bouilloire. Puis il étale un tapis orienté  vers l'est et commence ses prières.

 

 Un autre sort de la cabane vêtue d'une grande robe , traverse la rue pour venir de notre côté . Il s'accroupit dans l'herbe et à l'abri de sa robe fait ses besoins . Comme il fait cela accroupi ,j'imagine qu'il fait autre chose que pipi. Au loin on aperçoit plusieurs buildings ultra modernes de plusieurs dizaines d'étages . Comme ils sont proches les uns de autres , il est facile d'en contrôler le parallélisme qui à mon humble avis laisse à désirer ! Sur l'un des buildings il y a une grande enseigne lumineuse dont seulement 3 lettres sur 7 sont allumées. A notre départ il n'en restera plus qu'une seule.

 

 Aujourd'hui dimanche nous allons à la plage . Départ vers 10 heures. Nous prenons le long de l'océan vers l'est . Sur cette route la circulation est assez importante . Ce sont des gens qui vont sans doute à la plage. A un certain moment il y a sur notre droite une presqu'île séparée de nous par une lagune . Nous quittons la route principale et empruntons une route non goudronnée , chaotique qui court le long de la lagune. Il faut faire du gymkhana pour éviter les grands trous laissés par les dernières pluies. De chaque côté  il y a des palmeraies sous lesquelles on aperçoit de temps en temps des concessions indigènes. Une concession est constituée par une ou plusieurs cases en terre mélangée à de la paille ou en bois. Le toit est fait de joncs brun foncé , et le tout est entouré par un muret en joncs qui délimite la concession. 

 Ça et là déambulent des gens endimanchés, multicolores . Plus loin nous nous arrêtons devant un attroupement et nous descendons de la voiture . C'est la réunion d'une secte Harris . Sur une estrade une meneur avec des tam-tam fait chanter la foule qui danse en même temps.

 Nous poursuivons notre chemin et rejoignons la route principale à GRAND BASSAM. C'est une ville fantôme en quelque sorte . De grandes bâtisses de 2 ou 3 étages qui avaient dû être très cossues avec un toit en tuile rouges. Des balcons partiellement fermés faisant tout le tour à chaque étage. De grandes baies . Aujourd'hui pratiquement en ruine et à l'abandon. Grand Bassam fut la première capitale de la Côte d'Ivoire jusqu'au début du siècle Ce statut de colonie française date de 1893 . C'était une ville florissante et riche avec une activité portuaire importante (port Bouet). Par la suite Bingerville devint la capitale.

 Nous accédons a la plage d'Assinie par des petites routes noyées dans la verdure. La plage est aménagée . De grands abris recouverts de joncs abritent les tables d'un restaurant . Il y a des chaises longues pour se bronzer, une ironie sur ce continent? . Nous retenons une table et nous laissons nos sacs sur les bancs. Nous commandons notre repas pour 13h30.

 

 La plage est en sable blanc , profonde d'une quarantaine de mètres. Le sable est brûlant pour nos pieds fragiles De chaque côté  la plage s'étend à perte de vue . La mer est paraît-il -il à marée haute . Les vagues sont conséquentes . Nous nous trempons d'abord . 26° . Puis nous allons nous promener le long de la plage en direction de l'est , non sans nous être prudemment tartinés de crème auparavant.

 Nous longeons d'abord un club Méditerranée italien , puis un kilomètre plus loin le club français. Nous marchons dans l'eau pour nous rafraîchir bien qu'avec le vent du large la température soit plus supportable . Le ciel est toujours charge de gros nuages comme à l'accoutumée .Nous découvrons des squelettes d'oursin d'une forme particulièrement attrayante. Il s'agit d'une plaque ronde très dentelée sur les bords , avec quelques trous par ci par là , et de couleur gris vert . Nous les collectionnons tout au long de notre randonnée. De retour à notre point de départ , nous allons nous baigner . La mer est assez agitée et parcourue de courants très dangereux . Avec Alain nous nous avançons un peu tout en ayant pied. Je me mets à nager parallèlement à la plage . Quelle n'est pas ma surprise de voir que j'ai tendance à dériver vers le large et de faire du surplace en essayant de lutter contre le courant . Heureusement Alain me tend le bras et m'aide , non sans difficultés , à revenir près de lui . Un peu plus tard , le même jour , un jeune coopérant militaire sera sauvé de justesse sous nos yeux par un groupe de pêcheurs ghanéens qui mettront une pirogue à l'eau pour aller le chercher . Nous voici maintenant attablés pour manger . Des amis de M&A nous ont rejoints entre temps .

 

 Des enfants africains portants des plateaux; d'ananas sur la tête en parfait équilibre , essaient de nous vendre leur marchandise . Des mauritaniens faciles à reconnaître ( fins et grands , vêtus de leur gandoura et de leur turban ) vendent des sabres et des objets en cuir Nous achetons après un long marchandage une boite à bijoux ronde en cuir de chameau repoussé. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons d'abord à l'entrée de Grand Bassam pour acheter des ananas .Alain nous arrête devant son marchand favori , un travesti. C'est une jolie femme grande et mince , bien maquillée et avec beaucoup de bijoux. Mais quand elle parle c'est avec une voie de basse qui vous déconcerte. Nous achetons 8 ananas pour 8 francs .

 

Prix défiant toute concurrence? Plus loin à la sortie de Grand Bassam, des échoppes en planche ou en bambous longent la route des 2 cotés. Nous faisons un autre arrêt, et Alain qui est un grand amateur de coquillages et de coléoptères, va voir un de ses fournisseurs. Pendant ce temps nous nous baladons. Comme les marchandises sont pratiquement les mêmes d'un vendeur à l’autre, je tombe en arrêt devant des très jolies fleurs qui ornent une branche qui sort du sol. J'interroge un africain qui est dans les parages, qui me répond que ce n'est que le tuteur de la plante qui se trouve à coté. IL parait que même les poteaux télégraphiques poussent dans ce pays. J'aurai l'occasion de le vérifier par moi même plus tard.

 

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LUNDI 02.12.91

  Aujourd'hui Alain travaille et c'est Michèle qui nous prend en charge . Elle n'a pas de voiture . Le prix d'une 2ème voiture est prohibitif ( le double de son prix en France ) et les taxis ne sont pas chers . Nous décidons d'aller dans le centre. Comme à chaque fois que nous quittons la maison pour prendre un taxi , nous demandons à l'un des gardiens de nous en appeler un. Pour cela il va se poster à un croisement à une centaine de mètres. Là il y a plus de circulation pour en trouver un. Quelqu'un a paraît-il essayer de monter un service de taxis appelés par téléphone. En vain , car le taxi pouvait très bien arriver 1 ou 2 heures plus tard , suivant que le chauffeur rencontrait un ami en route. Un taxi c'est comme la loterie . Cela dépend de l'état des sièges , de la mécanique , et de l'habileté du chauffeur sur lequel on tombe . Quelquefois il vaut mieux refuser et en demander un autre . Dans certains taxis on a l'impression être assis directement sur les roues.

 Nous allons dans le centre ville , dans le quartier des 2 Plateaux. Nous confirmons notre retour avec l'agence de voyage. Puis nous nous baladons. Les rues sont sales , les trottoirs commencent à être envahis par la végétation. Ici et là des chantiers à l'abandon. Bref rien n'est entretenu. Nous entrons dans un Monoprix climatisé . Là on trouve de tout , mais à un prix prohibitif  pour la population locale . Produits importes de France tels qu'on peut les voir ici. En sortant Michèle manque de se faire décapiter par la porte coulissante automatique .De toute évidence le système électronique de la porte est déréglé.

 Nous reprenons un taxi pour rentrer à la maison . A 500 mètres de notre but , nous sommes arrêtés et contraints de quitter le taxi à cause d'un accident qui bloque la circulation . Ici au moindre accrochage , on ne bouge plus. On va chercher la police . Comme il n'y a pas de téléphone public on y va à pied et ça peut prendre un certain temps . J'ai toujours du mal à comprendre les africain lorsqu'ils parlent en français. J'ai compris qu'il y avait un accouchement alors qu'il s'agissait d'un accrochage , qui prononce à l'africaine ressemble à accouchement . Bref nous prenons nos emplettes et nous rentrons à pied à la maison sous une chaleur accablante.

 Nous attendons une amie de Michèle , Dominique , qui doit tous nous emmèner cet après midi à TRECHVILLE un autre quartier d'Abidjan. Elle déjeune avec nous .

 Parlons d'Abidjan. Ce n'est pas la capitale de la Côte  d'Ivoire , mais la plus grande ville et le centre économique du pays. Plus de deux millions d'habitants. Cette ville est construite sur une lagune ( lagune d'Ebrie . Voir plan). C'est aussi un port marchand , la lagune ayant été reliée à l'océan par un canal. C'est le centre administratif C'est un contraste de modernisme et de pauvreté. La ville est partagée en plusieurs quartiers. Le plateau. Les 2 plateaux, Koumassi . Adjamé . Cocody . Treschville. Le Banco ....

 La lagune est parcourue par des courants sans doute dus à la marée. Elle est constamment recouverte d'îles flottantes constituées de sorted de  jonquilles , qui se déplacent au gré des vents et des courants. I1 n'y a que 2 ponts qui traversent la lagune entre 2 plateaux et le port , et quelques bacs .

 Dominique n'est pas un modèle de calme. De plus elle sort d'une récente crise de paludisme. C'est un paquet de nerf , ce qui n'est pas fait pour nous relaxer pendant le trajet de la maison jusqu'à Treschville. Elle s'énerve aux embouteillages , parle beaucoup en conduisant , mais nous amène quand même à bon port. Nous sommes partis à 2 voitures , l'autre étant celle de Jean Pierre , un collègue d'Alain dans laquelle Michèle a pris place. Bien sûr , nous ne les trouvons pas au rendez vous. Nous laissons la voiture sous la garde d'une nuée de gamins qui ne manqueront pas de réclamer leur pourboire , et nous partons à pied à leur recherche . Nous les trouvons. Nous allons acheter chez un libanais quelques mètres de tissus de couleurs différentes pour moi et pour Jean Pierre pour nous faire faire des pantalons. Puis nous allons avec Michèle pas loin de là , dans une ruelle encombrée d'ordures ménagères , dans un petit hangar qu'occupe un tailleur. C'est très vite fait , il suffit de s'entendre sur le prix du pantalon et de lui laisser le tissu et un ancien pantalon qu'il copiera . En fin de compte chaque pantalon nous reviendra à 100frs , marchandise comprise. Les pantalons seront prêts dans 4 jours

 L'étape suivante c’ est le marché de Treshville . Là encore une grande bâtisse en dur de 2 étages dans laquelle sont entassés  toutes sortes de négoces . C'est pire que le marche de Cocody . Plus sale. Plus odorant. Plus sombre. Plus étroit. Plus chaud. Bref pire . Là encore Michèle a ses entrées. Elle est déjà  venue et connaît les lieux. Elle lance de temps en temps un bonjour . Elle nous emmène directement chez les marchands qu'elle connaît , sinon on en aurait pour plusieurs heures . Nous marchons comme d'habitude 'en cordée' afin de ne pas nous perdre . Cela me rappelle une description des bas fonds de Macao . Nous achetons 2 ou 3 bricoles et je tarde à sortir à l'air libre . Dehors l'atmosphère nous semble un paradis de fraîcheur malgré les 25°.

 Nous reprenons un taxi pour aller , toujours dans le même quartier, dans un magasin d'exposition d'art africain chez Monsieur Ferrari . Nous ne sommes plus que trois maintenant. Dominique et Jean Pierre nous ayant quittés à la sortie du marche. Nous passons un moment très agréable et très intéressant . Une vendeuse très férue d'art africain nous montre et nous apprend beaucoup de choses . Les tabourets , les repose- tête , les planches à laver , les échelles , les masques etc... En fait chaque objet a soit une utilité dans la vie de tous les jours soit il est le symbole de quelque chose.

 Retour à la maison , toujours en taxi . Le soir nous devons aller avec des amis à l'hôtel Ivoire , pour prendre un pot et ecouter un orchestre de Jazz . I1 s'agit du un couple Marie Hélène et Claude qui étaient hier à la plage avec nous. L'hôtel Ivoire est très beau et il devait être encore plus beau auparavant. Il correspondrait à un hôtel 4 étoiles en Europe. Malheureusement l'entretien laisse à désirer , car même le nom de l'hôtel est en train de se décrocher du mur. De plus comme il y a très peu de touristes , il ne doit pas y avoir beaucoup de clients à devises étrangères. Néanmoins c'est le plus bel hôtel et la fierté d'Abidjan. L'orchestre ne joue pas ce soir et nous décidons d'aller à Wafou. C'est un hôtel lacustre situé sur la route de l'aéroport. Manque de chance le bar est ferme le lundi. Nous en sommes donc réduits à nous balader , et à visiter l'hôtel. Chaque chambre est constituée par une case montée sur pilotis , sur la lagune. Elle comporte un salon et une chambre à coucher , avec un escalier pour aller sur le balcon au dessus , d'ou l'on pourrait largement s'installer pour pêcher à la ligne. C'est mignon. Mais un peu loin du centre ville. En désespoir de cause nous finissons la soirée chez nos amis , puis nous allons nous coucher.

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MARDI 03.12.91

 Ce matin , levés tôt car à 8 heures. On vient nous chercher pour une visite du quartier Nous arrivons à la maison. Dans une rue sans trottoir, sur les bas cotés il y a de l'herbe. Nous nous arrêtons devant la grille qui est ouverte par un gardien. Il s'agit d'une résidence comprenant plusieurs immeubles et pavillons, qu'on appelle ici une CONCESSION. Nous avons reçu la consigne de ne pas mettre de montre , de ne porter aucun bijou , et de ne pas prendre d'argent à part quelque menue monnaie. Notre guide est Françoise Bamba. Elle habite en Côte  d'Ivoire depuis 15 ans. elle est mariée avec un africain (mamadou) , professeur d'histoire à la faculté d'Abidjan , et qu'elle avait connu en France lorsqu'il faisait ses études à Dijon. Elle est à la fois infirmière et cuisinière. Elle travaille à l'hôpital de Treshville que nous devrions visiter aussi. C'est une grande et forte femme , les cheveux bruns très courts à la mode africaine , avec une personnalité extraordinaire. Autoritaire , elle ne passe pas inaperçue. Sa voiture jaune une Lada doit avoir déjà fait 200000 km au moins. Pour l'occasion elle l’a faite nettoyer par son boy. Nous voilà donc partis , Michèle à l'avant et nous deux à l'arrière, cramponnés là où l'on peut. II faut dire que Françoise aime bien avoir une route dégagée. Tout en klaxonnant et en faisant du slalom entre les piétons , les voitures , les animaux. , elle ne manque de donner de la voix en sortant la tête par la fenêtre pour se frayer un passage.

 A un certain moment , coup de frein brutal . Au moins les freins marchent !. Elle a évite de justesse un enfant qui traversait soudain la route. Nous apprendrons plus tard que si nous l'avions touché  , elle ne se serait surtout pas arrêtée. Elle aurait continué  pour aller au poste de police le plus proche , car nous aurions pu nous faire lapider. Malgré tout notre chauffeur respecte les feux. Quelquefois ceux ci sont tellement sales qu'il faudrait descendre et les nettoyer pour savoir s'ils sont au rouge ou au vert! En passant nous apercevons un magasin de plaques minéralogiques de voiture avec déjà leur numéro et apparemment à vendre ! Je n'ai toujours pas compris qui les achète !.

 La circulation est moins dense , nous sommes maintenant dans la verdure. C'est le quartier du Ganco. Nous croisons des gens portant des énormes ballots de linge sur la tête. Ce sont les laveurs de linge. Plus loin nous garons la voiture et nous grimpons sur un talus. De là nous voyons une nuée de laveurs à l'ouvrage dans une grande mare , remplie de mousse de savon. L'eau n'a pas l'air très courante. Lorsque le linge est lavé  et rincé , ils vont l'étendre sur l'herbe pour le faire sécher , et cela forme une sorte de puzzle multicolore sur fond vert.

 Nous quittons les laveurs du Banco en direction de Bingerville qui se trouve à quelques kilomètres de là. Au passage nous pouvons voir l'hôpital de Youkoubo moderne et relativement récent , mais qui n'a pas malheureusement beaucoup de malades. Les gens locaux n'ont pas les moyens financiers nécessaires et il n'existe pas de couverture sociale.

 Bengerville n'est pas en bordure de mer mais dans une région vallonnée. Ici comme à Grand Bassam on peut voir que la ville a eu son heure de gloire. Elle était devenue la capitale du pays après la décadence de Grand Bassam. C'est une ville entourée de palmeraies bien ordonnée et de plantations de bananes. Elle abrite une sorte d'école des beaux arts africaine fondée par un artiste européen (Combes) , qui a laissé un certain nombre de sculptures , visibles dans le musée de l'école. Visite très intéressante du musée. La plupart des sculptures représentent des visages. Plus loin , sous un auvent en bambou se trouvent des étudiants qui travaillent le bois. L'un sculpte un visage tandis qu'un autre sculpte une canne magnifique. Les artistes travaillent avec des outils très simples. Nous quittons Bengerville pour le clou de notre sortie . Le marche d'Adjamé.

 Le marché de Treshville , c'était de la 'bibine', de l'eau de rose. Le marché d'Adjamé , ça c'est un marché. Pour y arriver il faut déjà se faufiler dans les ruelles entre les tas d'ordures juxtaposant les étalages des marchands. Il faut garer la voiture dans une ruelle en faisant un créneau entre deux tas d'immondices. Sortir de la voiture en essayant de ne pas mettre le pied n'importe où et surtout de ne pas glisser. Dès qu'on sort , l'odeur vous prend à la gorge. Mais que sommes nous venus faire dans cette galère !. En file indienne nous suivons Françoise comme des canetons suivent leur maman cane de peur de la perdre. Il est vrai qu'avec sa taille elle est facile à repérer. Mais on ne sait jamais !. Le marché occupe le versant d'une petite colline. Nous progressons en montant le long d'un chemin étroit et glissant. Quelquefois il faut escalader un petit muret.

 Au pied de la colline ce sont les fruits et les légumes. Les fruits pourris jonchent le sol. On vend du tamarin, une plante laxative avec laquelle on fait la Tamarine qu'on trouve en France dans les pharmacies. Plus haut ce sont les viandes et les poissons. Là le baromètre de l'odeur fait un bond en avant. C'est horrible. La viande de rat de palmier, cuite ou crue , sur laquelle les mouches et autres insectes s'en donnent à cour joie. Le poisson sèche. Une sorte de breuvage de couleur marron dans lequel une femme trempe une sorte d'écuelle pour servir les amateurs. On accélère le pas derrière maman cane. Tout en haut du marché  ce sont les tissus et la quincaillerie.

 Nous avons des angoisses à la pensée qu'il va falloir faire le chemin inverse pour retourner à la voiture ! Et nous n'y coupons pas. Sur le chemin du retour Françoise récupère les fruits et légumes qu'elle avait achetés à l'aller et laissés chez le marchand. Nous retrouvons la voiture avec joie. Nous n'avons pas vu un seul blanc , à croire qu'il faut être un peu fêlé  pour venir se promener ici. Faire demi-tour dans cette ruelle avec la voiture c'est "mission impossible". Continuer tout droit , c'est une impasse. C'est donc toujours en donnant de la voix que Françoise se fraie un passage en marche arrière jusqu'à la route principale. Nous poussons un ouf de soulagement.

 Retour vers 11 heures à la maison par des chemins détournés car parait-il il y a des manifestations en ville.

 C'est confirmé  ! la société de sécurité et de surveillance demande aux; blancs de rester chez eux à cause des manifestations en ville. Les députés doivent voter une loi pour limiter une certaine liberté de presse L'opposition veut les empêcher d'arriver jusqu'à la chambre des députés. A la maison nous ne sommes pas très rassurés. Nous essayons de ne pas en parler. A cause de cela , Alain comme beaucoup de ses collègues ne peut pas rentrer manger à midi. Il nous téléphone. Les gens se rassurent entre eux; en s'appelant. Les mères essaient de récupérer leurs enfants à l'école pour les ramener à la maison. Ce soir nous devions aller jouer au bridge ; tant pis nous n'irons pas. Vers 18h j'allume la télévision. Il y a 2 chaînes. Mais les programmes sont pratiquement du même type et de la même qualité. Constamment il y a des modifications de luminosité de l'image. Le volume sonore augmente ou diminue sans crier gare. Quelquefois il n'y a plus de son du tout. Le soir à 20 heures , le journal télévisé précédé chaque fois par une maxime du président. Portrait du président avec en fond , lecture de la maxime du jour Les autres programmes sont surtout des jeux qui se veulent éducatifs.

 Le jour de l'indépendance qui eut lieu le 7 décembre le présentateur annonce les festivités du 2lème anniversaire. Un peu plus tard c'est le 20ème anniversaire. Ce n'est qu'en fin de soirée qu'on aura le bon chiffre.

 En fin d'après midi , nous apprenons par le téléphone , que les routes sont dégagées et que la manifestation a été dispersée. M&A qui sont invités à une soirée , nous déposent en voiture chez Danielle et Christian où nous passons la soirée à jouer au bridge.

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MERCREDI 04.12.91

  Départ de la maison vers 10 heures pour le marché  de Cocody. En chemin nous nous arrêtons à la villa de Christiane Laurent qui s'est spécialisée dans la confection de bijoux. Nous achetons un très joli collier pour Adrienne en perles africaines. Nous allons comme prévu au marche de Cocody , où Adrienne doit se faire faire des chaussures en iguane sur mesure avec le sac assorti. Comme d'habitude nous sommes assaillis par les vendeurs. Nous nous rendons directement chez le cordonnier. La procédure est simple. On choisi sur un journal de mode français le modèle de chaussure. On choisi la couleur. On pose les pieds sur une feuille de papier Un listing informatique et avec un crayon on dessine l'empreinte des pieds. Et c'est tout. Et le plus beau c'est que ça marche. Faute de papier d'emballage ou de journaux; les vendeurs utilisent du listing informatique qui peut venir d'une administration ou d'une banque. Vous pouvez donc prendre connaissance du compte bancaire de Mr X ou Mme Y sans problème.

 

 

  Génial !. Les chaussures et le sac seront prêts dans 4 jours. Nous avons rendez vous avec Alain vers midi pour déjeuner en ville. Un nouveau taxi nous emmène au centre ville où se trouve son bureau dans l'immeuble de la CIE. Avec Jean Pierre nous allons déjeuner dans un restaurant à l'enseigne du 'Vatican'. Très prudemment je commande du riz et du poulet car depuis maintenant 2 jours , je présente le syndrome de la 'tourista' bien connu au Mexique. Nous sommes la seule table occupée dans ce restaurant. Au retour , nous avons décidé d'aller faire une balade organisée en bateau sur la lagune à 15h. A l'embarcadère nous apprenons que si nous ne sommes que 2 nous devrons payer pour 5 , car le bateau ne part pas avec moins de cinq passagers. nous acceptons car ce n'est pas très cher. Entre temps arrivent 22 italiens accompagnes d'une religieuse. Nous voilà partis.

 Nous longeons d'abord le port marchand , puis nous allons jusqu'au canal qui relie la lagune à l'océan. Comme la marée est montante nous voyons nettement avancer la vague de la marée. Puis nous arrivons dans un endroit de la lagune qui est un cimetière de bateaux; carcasses de bateaux; à moitié submergés , dont il ne reste que la coque et les mâts du bateau . De là nous allons vers l'île Boulay où une courte escale est prévue pour nous permettre de nous désaltérer. Nous accostons. L'endroit est laissée à l'abandon. Comme le bistrot du coin n'a pas été approvisionné  en glace il n'y a rien de frais. Il n'y a pas d'électricité , donc pas de frigo. Ce qui devait être une piscine n'est plus qu'un trou où sont entassés  des morceaux de bois et des branches. Un quart d'heure plus tard nous reprenons le chemin de l'embarcadère de départ.

 Avec un taxi nous revenons vers la maison. Comme la cathédrale est encore ouverte nous nous y arrêtons pour la visiter. Elle est très moderne et bien entretenue. Son architecture est intéressante. Le bâtiment est relie par des gros câbles à une grande croix en haut de laquelle se trouve le clocher. On a l'impression que la croix tire le bâtiment comme un cheval tire une charrette. Le tout est de couleur blanche. A l'intérieur le plancher descend en pente douce comme dans un théâtre. Les vitraux sont très modernes et les paysages sont des paysages africains. Des femmes qui s'agenouillent pour prier la vierge , enlèvent d'abord leurs chaussures pour être pieds nus.

 Il est 18h nous rentrons à la maison à pied.

 

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JEUDI 05.12.91

 

  Comme on a pu le constater jusqu'à maintenant , nous n'avons pas chôme. Aujourd'hui Adrienne a demande une journée de répit pour récupérer , d'autant plus que demain nous devons partir en brousse vers le nord du pays. Journée calme donc. Le matin je regarde une vidéo. L'après-midi j'accompagne Alain à son bureau et vers 16H Michèle vient me chercher pour aller faire des courses.

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VENDREDI 06.12.91

 

Lever matinal. Départ à 7h. Nous prenons l'autoroute, la seule, qui va d'Abidjan vers Yamoussoukro, mais sans l'atteindre. Elle fait 120 km et se termine 90km avant d'arriver à la capitale. Aujourd'hui la capitale de la Cote d'Ivoire est Yamoussoukro, village natal du président. C'est là qu'il a fait construire la basilique, réplique de celle de Rome. L'autoroute comporte deux voies séparées par un terre-plein. Malheureusement, outre les voitures circulent aussi des piétons, des vélos, des animaux domestiques, des charrettes...
Comme nous sommes encore près de la grande ville d'Abidjan il y a pas mal de circulation de camions. La chaussée n'est pas des plus lisse. IL n'est pas rare de rencontrer des grands trous alors que vous roulez à 120km/h. Alain m’explique que le probleme majeur ici c’est l’entretien. Quand un trou de forme sur la route on ne le rebouche pas. Moi, ce qui me chagrine, c'est la rareté des stations d'essence. Nous en voyons quelques fois lorsque soudain l'autoroute traverse une agglomération. Là on se retrouve avec des croisements à droite comme à gauche. Bref sur l'autoroute, en ville, il vaut mieux; rouler au pas. C'est ainsi que nous traversons des villages au doux nom de Kouassibouin, Elibou, Boussouko.


A Singrobo l'autoroute se termine. Le tracé des routes est relativement droit. IL y a surtout des montées et des descentes. Quelques kilomètres plus loin nous nous arrêtons. Un tas de voitures et de camions sont arrêtes devant nous. Nous descendons de la voiture pour aller aux nouvelles. A quelques centaines de mètres de là, un camion et sa remorque sont couches en travers de la route. On se demande comment le chauffeur s'y est pris, car la route est absolument droite. Nous parvenons finalement à nous dégager et à nous frayer un chemin et montant sur le bas coté de la route. Apres 210k:m, nous entrons dans Yamoussoukro, village devenu ville par la volonté du président

A la sortie de la ville nous longeons un grand mur de près d'un kilomètre de long qui protège la résidence présidentielle. A l’interieur les crocodiles de Yamoussoukro peuplent les trois lacs artificiels qui entourant le palais présidentiel. Il s'agit de crocodiles du Nil

 

Nous filons ensuite toujours vers le nord. Apres 100 km nous atteignons la 2eme ville du pays en importance, Bouaké. Au fur et à mesure que nous progressons la végétation change. Les cocotiers sont différents, les plantes et les arbres sont plus petits en taille. Nous commençons à rencontrer quelques Baobabs. Par contre le revêtement de la route qui n'a pourtant maintenant que 2 voies, est bien meilleurs qu'avant et il y a beaucoup moins de circulation. Nous pouvons rouler plus vite que sur l'autoroute. Je m'inquiète car je ne vois toujours pas de station d'essence. Nous rencontrons des villages de tisserands. A Bouaké nous faisons une halte et nous nous attablons dans un café pour nous désaltérer et aller aux toilettes.

Village Tisserands

Comme il est près de 11 heures nous commandons des sandwichs, et nous voilà repartis. Nous passons Katiola Darakolondougou et filons vers Niakaramandougou où nous devons emprunter la piste qui nous mènera à Korogo, notre destination finale.
Je mentionne de temps en temps à notre chauffeur Alain, l'essence, et finalement pour me rassurer, il s'arrête à une station dans un dougou. Le suffixe dougou veut dire village.

Soixante dix kilomètres après Niakaramandougou nous bifurquons à gauche pour prendre la piste un chemin de terre de 63km. Cela va nous permettre, en plus du dépaysement, de gagner 40 km par rapport à la route goudronnée qui nous ferait passer par Ferkessedougou.
Nous voilà sur la piste pleine de bosse et de trous, une véritable tôle ondulée. Comme nous l'explique Alain, (ceux qui ont vu le film 'le salaire de la peur' comprendront mieux), il faut rouler assez vite (entre 70 et 80 km/heure) pour voler au dessus des bosses et ne pas ressentir les trépidations. Nous voilà partis à toute vitesse, quand après le passage d’un petit pont, à la sortie d'un virage nous rencontrons un enorme trou. Cela fait un grand bruit sous la voiture. Michèle dit. 'Ça serait pas marrant qu'on ai fait un trou sous la voiture'. Je me retourne et j'aperçois dans notre sillage une traînée. Nous stoppons pour constater que nous avons une fuite d'essence qui coule goutte à goutte comme un robinet qui fuit. Pas question de continuer sur la piste. Demi-tour pour rejoindre la route principale et essayer de trouver un garage.

Heureusement nous n'avons fait que 4 km sur la piste, et nous voilà à nouveau sur la route nationale. A droite la pancarte dit : 70 km pour rejoindre Niakaramandougou vers le sud, à gauche 45 km pour Ferkessedougou vers le nord. Le choix n'est pas difficile à faire quand on perd son essence. Nous prenons vers la ville la plus proche, c'est à dire vers le nord, Ferkessedougou. C'est une véritable course poursuite. Nous roulons à 130km/h. Alain a les yeux rivés sur la route bien sur. Michèle  a les yeux rives sur la jauge d'essence. Nous  prions le ciel de ne pas rencontrer d'obstacle sur la route. Merci Alain Giami de t'être inquiété de la rareté des stations d'essence, car j’ai beau chercher sur tout le parcours je n’en vois pas une seule. Si nous n'avions pas fait le plein quelques kilomètres plus tôt, nous serions déjà en rade. La jauge descend irrémédiablement sous nos yeux, et nous comptons là distance qui reste à parcourir.

Enfin nous entrons dans Ferkessedougou. Ralentissement, ouf ! C'est un gros village avec une large rue principale. Les bas cotés sont encombrés de toutes sortes de choses hétéroclites. Plus en retrait, des bicoques. Nos 4 paires d'yeux  sont à la recherche d'un garage. Le premier est une simple station à essence. Le 2ème comporte une sorte de rampe sur laquelle on monte les voitures pour les réparations. Nous y entrons. On explique qu'on a une fuite d'essence et il doit nous en rester quelques gouttes, car la jauge est à zéro. Le patron du garage nous demande de mettre la voiture sur la rampe. La rampe c’est simplement un emplacement où une tranchée a été creusée pour permettre à un mécanicien des descendre sous la voiture. Ici ce n’est pas la voiture qui monte sur une rampe, mais un homme qui descend sous la voiture. C'est alors qu’en déplaçant la voiture, nous apercevons une grosse flaque d'huile par terre sous le moteur. Nous avons aussi crevé le carter ! Rien qu'à la pensée que nous roulions à 130 km/heure avec une fuite d'huile, nous en avons des frissons à posteriori. Nous aurions pu faire exploser le moteur. Dieu sait ce qui se serait passé à cette vitesse.

Une fois la voiture en place, le patron envoie quelqu'un chercher les 2 mécaniciens du coin, qui arriveront quelques minutes plus tard. Le diagnostic est le suivant. Carter fissuré à 2 endroits différents. Fuite d'essence au niveau de la jonction du tuyau d'alimentation et du réservoir. Ce dernier problème est vite réparé car il suffit de remettre un collier de serrage. Malgré tout nous sommes prudents, nous demandons au garagiste si les 2 mécaniciens son fiables. Il nous répond que l’un d’entre eux est spécialiste des carters et que le deuxième est spécialiste des Peugeot 405 ! Les deux mécaniciens commencent à démonter de le carter sous la voiture qui se trouve au dessus de la tranchée dans laquelle ils travaillent.

 

Inutile de vous dire que nous sommes inquiets Alain et moi. Même si chacun fait semblant d'être décontracté. La ville la plus proche est à 60km. A Ferkessedougou il n'y a pas d'hôtel. Il n'est pas sûr que le carter puisse être réparé. Si nous ne pouvons pas repartir qu’allons nous faire ?

La station d'essence comprend 2 pompes et entre le deux il y a une cabane en dur de 3m sur 2m. A l’arrière se trouve un terrain vague avec quelques carcasses de voiture. Devant la cabane un banc de 3 places, en bois, inoccupé. Nous sommes assis sur le banc, face à la route, et nous regardons passer les gens. Il y en a toujours un debout parmi nous car le banc est trop petit. De temps en temps Alain ou moi même, allons aux nouvelles. Je suis inquiet au sujet du démontage du carter, car sur la Peugeot, le système de climatisation doit d’abord être démonté pour accéder au carter. L’un des 2  mécaniciens me rassure : il est spécialiste de système de climatisation des Peugeot 405 ! Par contre je remarque que chaque fois qu’ils démontent un des très nombreux écrous du carter, ils le laissent tomber par terre dans la tranchée, ils marchent dessus, et les écrous disparaissent enfouis dans la terre !  Alain part à la recherche d'un téléphone. Il appelle le concessionnaire Peugeot à Korogo qui n'a pas la pièce de rechange.

Entre temps l'un des mécaniciens est parti à la recherche d'une clé de 8 pour continuer à démonter le carter !de mieux en mieux !

Le démontage est terminé maintenant. Il est 15 heures. Nous constatons les dégâts. 2 fissures dans le carter, et la seule solution est de faire une soudure pour boucher les 2 fissures. Il y a un soudeur en ville, et me voila parti avec le mécanicien et le carter, lui pour trouver le soudeur et moi pour payer le soudeur. En route nous rencontrons Alain qui vient grossir notre groupe. Zut et zut ! Aujourd’hui le soudeur ne travaille pas car demain c'est ma fête de l'indépendance. C'est la poisse. Mais le mécanicien connaît un autre soudeur en dehors du village. Il faut prendre un taxi. Nous en trouvons un, occupé déjà par deux personnes et 3 poulets vivants, faute de place dans le taxi je laisse Alain partir avec le mécanicien et je reviens à pied tenir compagnie à Adrienne et Michèle sur le banc. Nous attendons le retour du carter en regardant passer les gens sur la route.

De temps à autre un passant vient dans la cabane, il prend un tapis et la bouilloire et va faire sa prière sur le coté de la cabane. Sur l'enseigne du garage il y a écrit : vidange - mécanique - Téléphone. Ils auraient pu ajouter : nécessaire à prière. Pendant ce temps Alain a trouvé le soudeur qui travaille.il est soudeur à l’arc, donc un peu plus cher. Il soude les fissures. Mais avant de partir Alain demande à vérifier quand même en mettant de l’eau dans le carter, ça coule encore ! Il faut redonner un petit coup de soudure.

Au bout de 3/4 d'heure le carter est de retour ave le mécano et d'Alain. Nous essayons de deviner, à la mine d'Alain le résultat de la réparation. Il n'a pas l'air triste et nous en déduisons que le soudeur a fait son travail. Maintenant il faut trouver un joint pour le carter, car en démontant celui ci l'ancien est parti en petits miettes. Et nous voila reparti à la recherche d'une plaque de liège et de colle, le mécanicien pour les trouver et Alain et moi pour payer. Il est 16h30 lorsque nous revenons. Un joint de carter est très spécial, il est très découpé et doit s’ajuster exactement. Il faut le fabriquer à la bonne mesure dans la plaque de liège et faire des trous au bon endroit. Cela prend du temps. C’est un travail minutieux. L’un des mécaniciens va s’assoir avec le carter, la plaque de liège et un crayon devant un gros plat en guise de table de travail. Je l’accompagne. Il pose le couvercle du carter sur le rocher, face concave en l’air, il pause dessus la plaque de liège, et se couche par terre sur le dos pour pouvoir suivre les contours du carter avec son crayon sur la plaque de liège. Je le regarde faire car ce n’est pas facile, quand tout à coup je me réveille ! Je m’approche et lui demande de s’arrêter un instant, je pose la plaque de liège sur le rocher, je pose le carter par-dessus, face concave en bas et lui demande de continuer. Il me regarde admiratif et fini son découpage.

Il est 17h quand commence le remontage du carter. Maintenant s’ajoute un autre facteur d'angoisse: c'est la nuit. Car ici il fait nuit à partir de 18h. Comme il a fallu une heure et demie pour démonter, il est probable qu'il en faudra au moins autant  pour l'opération inverse. J'ai beau me tourner dans tous les sens, je ne vois aucune source de lumière à cote de la tranchée, lieu de réparation. Toutes les pièces démontées, boulons, écrous, vis, pièces, sont repartis sur le sol n'importe comment, et beaucoup d’entres elles enterrées.

Le remontage commence enfin. Mais la nuit tombe rapidement. Les deux mécaniciens s'affairent pour fabriquer une lampe de fortune qu'ils branchent sur la batterie de la voiture. Il faut trouver un petit enfant africain pour 'tenir la chandelle' pendant qu'ils travaillent. A cause de la nuit le remontage est plus difficile et plus lent. Chaque boulon de carter est vissé, serré, resserré à nouveau après le boulon suivant. La fermeture doit être absolument hermétique. Je fais la navette entre la voiture et le banc, et j'annonce à chaque fois : " Boulon n°2 en place " et ainsi de suite. Il doit bien y avoir une vingtaine de boulons.
Enfin vers 19h 30 le carter est remonté, il reste des boulons et des écrous en plus, mais on n’en a que faire, on remet de l'huile et de l'essence pour contrôler qu'il n'y a plus de fuite. C'est l'heure de vérité. Le test est concluant nous allons repartir. Le temps de payer, nous doublons la somme car celle qu’ils nous réclament est ridiculement basse. Et nous voila sur la route de Korogo  que nous atteignions vers 20h 20 sans encombre.

Lorsque j’y repense je me dit qu’il  est fort probable que jusqu'a ce jour, le soir, dans les cases de FERKESSEDOUGOU, à la veillée, dans la chaleur de la nuit, on raconte aux petits enfants, qu'il n'y a pas si longtemps, 4 toubab (des blancs), ont passé une après midi entière, assis sur un banc, à regarder passer les gens sur la route, la veille du jour de l’indépendance. Ils sont fous ces toubabs !

A l'hôtel du Mont Korogo nous prenons 2 chambres et nous nous douchons avec déliée. Ensuite nous allons manger dans le restaurant de l'hôtel. La conversation tourne autours de nos avatars, et nous en parlons en riant maintenant, soulages de nous être sortis de ce mauvais pas. Dans le jardin de l'hôtel, sous une grande pergola, commencent a arrives les invites d'un mariage musulman. Bientôt la sono nous emplis les oreilles et pour corser le tout une 'grillote' vient nous seriner sa mélopée nasillarde. Cinq minute c'est tenable mais plus cela devient impossible. La grillote est une personne (c'est probablement son métier) qui chante les louanges des mariés.

Khorhogo

 

Khorhogo

Fileuses de coton
C'est toujours le même refrain. On ne comprend pas ce qu'elle dit. De temps à autre on comprend un mot. Chaque refrain semble dédie à une personne. La mariée, le mari, chaque père, chaque mère, et ainsi de suite. A chaque fin du refrain on croit que c'est la fin, et allez donc ça repart à nouveau pour un tour. En quittant la table vers 22h elle chantait toujours. Nous allons nous coucher en espérant que la grillote nous laissera dormir. A cause de notre carter nous avons décidé de reprendre le chemin du retour demain matin, afin d'être à Abidjan dans la soirée. Nous ne pouvons pas prendre le risque de nous balader sur les pistes pendant 2 jours, comme nous l'avions prévu. Dommage. !

Khorhogo

Forgeron

 

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SAMEDI 07.12.91

 

Départ vers 7h 300 , nous prenons notre petit déjeuner dans le jardin de l'hôtel. A côté de nous , une grande cage occupée par un perroquet qui refuse obstinément de nous parler. Le jardin est très intéressant. Il y a toutes sortes de plantes et de fleurs différentes qui chacune portent une étiquette avec leur nom. C'est en quelque sorte un petit jardin des plantes. Sous un énorme caoutchouc (comme ceux qu'on trouve dans les appartements) de 20 mètres de haut , des tortues géantes. Nous en profitons pour demander quelques boutures que nous voulons ramener à Mougins.

 

 Vers 9h 30 nous quittons KOROGO par la route goudronnée. Nous faisons exactement le chemin inverse. Nous traversons FERKESSEDOUGOU que nous saluons au passage. Un peu plus loin sur le côté  droit de la route , un village. Nous descendons et demandons la permission de le visiter. Celui ci est séparé  de la route par un petit champ cultivé qui comprend plusieurs cases d'habitation et des cases plus basses et plus étroites dans lesquelles on garde le grain. Nous ne voyons au premier abord que des enfants. Un seul comprend le français et va nous servir d'interprète. Il nous emmène plus loin voir un vieil homme assis devant une case. L’homme se lève mais ne s'avance pas. Nous devons aller vers lui pour le saluer. Il nous donne la permission de nous promener dans le village.

 

 

 Nous ne voyons qu'un seul autre homme. Les autres sont peut-être en train de travailler aux champs. Un femme allaite son bébé puis le lave dans une bassine. Nous reconnaissons ici et là , des tabourets , des instruments , que nous avions vus à Abidjan chez Mr Ferari. Un grande femme maigrichonne vient nous voir pour nous saluer. Elle fait des grandes courbettes en dansant d'un pied sur l'autre et en émettant des sons inintelligibles. Apparemment elle est sourde et muette.

 Quand Adrienne passe la main sur la paroi extérieure d'un réservoir à grains pour en éprouver la sensation, tous les enfants éclatent de rire. Les habitants de ce village situé dans le nord du pays , sont des SENOUFO. Chaque région de la Côte d'Ivoire a des tribus différentes. Les frontières du pays n'étant pas des frontières naturelles , certaines tribus peuvent se trouver à cheval sur deux; ou trois pays à la fois.

Grosso modo au nord c'est la tribu des SENOUFO. Au nord ouest les MALINKE. Au nord-est les HOULANGO. Au sud-ouest les GERE et les BETE. Au centre les BAOULE . Et à l'est les AKAN. Il existe aussi une tribu que les Africains  appellent les NOUSMANGE , car il paraît qu'ils furent dans le passé des cannibales.

Nous reprenons la route , et quelques dizaines de kms plus au sud nous arrêtons dans un village des tisserands. Comme le village est plus près de la civilisation nous avons droit à une demande de pourboire avant toute chose. Sur le bord de la route il y a 2 tisserands. La machine est très simple et astucieuse. Les fils de différentes couleurs sont tendus sur une dizaine de mètres entre une grosse pierre et le métier où est assis l'ouvrier. Celui ci est assis sous un auvent à l'abri du soleil et manipule une navette avec une dextérité incroyable. A tel point que je lui demande de faire son mouvement au ralenti. Expression cinématographique par excellence qu'il ne comprend pas. A force de gestes , il finit par comprendre , mais l'exécute avec beaucoup de difficulté , tant il est habitué à le faire à toute vitesse. Son mouvement de la main est aussi coordonné avec celui des pieds , car il manipule en même temps 2 pédales en bois reliées au métier par des ficelles. Au fur et à mesure qu'il progresse , il tire à lui la grosse pierre attachée au bout des fils. La progression est de 300cm par demi-heure environ. La largeur du tissu est de l5cm. Par la suite toutes ces bandes de l5cm seront cousues ensemble de façon à avoir une pièce plus large.

Vers 13h nous arrivons à YAMOUSSUKRO. Nous partons a la recherche d'un restaurant tenu par des Niçois. Nous ne connaissons pas l'adresse mais nous le trouvons quand même. La femme tient le restaurant. Ils sont la depuis 15 ans. Ils ont 2 filles et un garçon. Le mari travaille dans le bâtiment. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de l'indépendance , mais dans la rue il n'y a pas de différence par rapport aux; autres jours. Pas de défilé. Pas de fanfare. Nous déjeunons entourés des enfants et de la patronne qui n'arrête pas de parler. Vers 14h 30 nous partons pour visiter la basilique.

YAMOUSSUKRO

Basilique

Notre dame de la paix

 

 

A l‘extérieur chaque rue est une large avenue qui peut contenir 6 voies de circulation. Ces avenues sont bordées de lampadaires tout les 20 mètres, qui pour la plupart ont perdu leur lampe. On ne voit pas de trottoirs. Peut être sont ils cachés par l'herbe qui pousse sur les cotes. Pas d'immeuble ni de maison le long des avenues. Cela donne une impression d'irréalité. IL y a quand même quelques maisons et des immeubles dans le centre. Au loin, la basilique magnifique, semble sortir de terre au milieu de la verdure et d'un lac.

YAMOUSSUKRO

Basilique

Notre dame de la paix

Le nom complet de cette basilique est la basilique Notre-Dame-de-la-Paix, Son apparence rappelle celle de la basilique Saint pierre à Rome. C’est  l'édifice religieux chrétien le plus haut au monde. La basilique peut contenir dix-huit mille personnes dont sept mille assises. Les dossiers des sièges de couleur rouge en bois iroko sont décoratifs, et vus d'en haut ils constituent avec les milliers de petites croix qui ornent les murs au-dessus des vitraux, un très bel ensemble. Au sommet de la coupole, un vitrail de 40 m de diamètre, symbolise la paix. Au dessous niveau du tambour de la coupole il y a douze baies qui représentent chacune un apôtre.

Quel monument ! Elle est grandiose. Nous nous en approchons par une allée et nous avons l'impression d'être de petites fourmis. A l'extérieur se dressent des colonnes immenses. L'intérieur est magnifique, mais c'est une étuve. On nous explique qu'il y a un système d'air conditionné mais qu’on n’a pas les moyens de payer l'électricité pour faire marcher les machines tous les jours. Les vitraux immenses sont plus beaux; les uns que les autres. Nous prenons un guide qui nous emmène un peu partout. Nous accédons à étage supérieur 30m plus haut) par un ascenseur qui monte à l'intérieur d'une des colonnes. En haut, encore des vitraux et une vue magnifique sur le dôme et la nef. Puis nous allons sur les terrasses qui toutes ensemble forment une croix; vue d'en haut. Aux alentours on aperçoit des jardins à la française, bien entretenus

 

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DIMANCHE 08.12.91

  Comme le dimanche précédant nous allons passer la journée à la plage d'Assinie. Cette fois ci nous ne prenons pas le chemin des écoliers et nous restons sur la route principale. A la plage nous rencontrons des amis d'Alain et Michèle. Aujourd'hui la marée est au plus bas et nous pouvons nous avancer dans l'eau une bonne centaine de mètres en ayant toujours pied. Il y a de grosses vagues et à tour de rôle nous nous amusons à nous laisser pousser par la vague , accrochés à une planche. Pour ma part je réussi à m'écorcher les genoux et s'en est fini de la planche. Nous déjeunons dans le même restaurant que la dernière fois (toujours des langoustes grillées) et nous repartons vers 15h30.

 

 Nous avons l'intention de nous arrêter au retour sur le bord de la route pour faire des achats de dernière minute. Apres Grand Bassam nous stoppons donc. Il faut marchander encore pour acquérir deux statuettes en ébène. L'une est un éléphant et l'autre un hippopotame. Les prix dégringolent très vite , et l'affaire est faite.

 LUNDI 09.12.91

Ce matin sans nous presser , nous allons chercher les pantalons que nous avions commandés la semaine dernière pour Jean Pierre et moi même dans le quartier de Treshville. Nous récupérons mes pantalons seulement car ceux de Jean Pierre ne sont pas encore prêts. Adrienne ne nous a pas accompagnés , elle essaie de se reposer. Dans la foulée nous prenons un taxi pour aller chez le vendeur d'art africain Mr Ferari où Michèle doit prendre un cadeau qu'elle avait commandé  pour Alain. Du même coup elle reçoit aussi un cadeau du propriétaire , qui lui offre une 'planche à laver' africaine. Sans doute parce qu'elle lui envoie beaucoup de clients.

 De retour a la maison il me faudra témoigner devant Alain que c'est un cadeau et que Michèle ne l'a pas payé .

 L'après-midi nous allons prendre une glace dans un quartier appelé la zone 4 , situé sur la route de l'aéroport. C'est une grande pâtisserie salon de thé tenu par un Libanais. Tout près de là , nous allons acheter des montres à bon marché  , qui sont des copies de Cartier ou Rollex. Une fois de plus Michèle marchande pour nous.

 Le soir nous allons dîner chez Dominique. Il y a là parmi les invités  , un couple africain. Lui vient du Burkina. Il est anesthésiste à l'hôpital d'Abidjan. Elle est infirmière. Elle est ivoirienne , de la tribu des  Baoules.  Dans beaucoup de tribus ivoiriennes , le prénom donné  aux enfants est souvent celui de leur jour de naissance. Suivant qu'on soit né un mardi ou un vendredi on s'appellera Mardi ou Vendredi en dialecte africain. Notre voisine s'appelle "Mercredi". La soirée est des plus agréables et nous rentrons nous coucher assez tard.

MARD I 10.12.91

Comme nous avons tellement fait de choses depuis notre arrivée merci à Michèle et Alain , il reste de moins en moins d'endroits que nous pourrions visiter. C'est pourquoi aujourd'hui nous allons passer la journée à la piscine du golf. Cet endroit est situé dans la banlieue d'Abidjan sur une colline. C'est très beau et là encore le prix d'entrée est exorbitant pour un Africain. La sélection est presque raciste , puisque les seuls clients présents sont blancs. Le complexe comprend outre le terrain de golf , 2 grandes piscines , bar , restaurant....Nous passons pratiquement la journée dans l'eau. Outre Genevieve qui nous a gentiment emmenés dans sa voiture , Dominique qui nous avait accompagnés à Treshville nous a rejoint. Cette deuxième semaine de notre séjour est la semaine des invitations. En principe en 5 jours nous étions ici  4 soirs. Mais nous ne pourrons en assurer que 4.

 Ce soir nous allons chez Françoise et Jacques, son mari,travaille aussi à la CIE. Pour une raison dont je me rappelle pas , Michèle a été contrariée et est de mauvaise humeur. A cela s'ajoute une migraine (ou à cause de cela) qui lui gâche son dîner.

 

MERCREDI 11.12.91

Ce matin Michèle est malade. Adrienne est malade. Alain est malade (nous ne l'apprendrons que plus tard dans la journée). Le seul vaillant c'est moi. Suliman en est tout retourné. Il ne sait plus ce qu'il fait. Il n'ira pas à son cours de français cet après-midi tant il est effrayé  par la situation. Par contre il fera quelques prières. Moi je vais à la pharmacie faire quelques emplettes de médicaments pour essayer de les soigner. Vers 14h , cela va déjà mieux et avec Geneviève qui me sert de chauffeur et de guide , nous allons au marché  de Cocody pour récupérer les 2 paires de chaussures et le sac commandés par Adrienne.

  Le soir Adrienne , Michèle et moi allons dîner dans l'un des restaurants de l'hôtel Ivoire. Ce soir là Alain est occupe avec des 'huiles' de sa boîte  venus de Paris.

JEUDI 12.12.91

Notre séjour touche à sa fin. Nous voudrions ramener quelques plantes avec nous , pour essayer de les replanter en France. Toujours en compagnie de Geneviève nous partons voir plusieurs pépinières pour y faire notre choix . En fin d'après midi nous commençons à faire nos deux valises puis nous allons les préenregistrer en ville , afin éviter de le faire le matin du départ à l'aéroport dans la cohue.

 

VENDREDI 13.12.91

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