Ma guerre de Kippour |
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A l’automne 1973 ma famille et moi, habitions à Hertzelia, une petite ville à une dizaine de kilomètres au nord de Tel Aviv. Notre villa se trouvait dans le quartier du bord de mer. Je travaillais comme médecin généraliste et deux fois par mois j’étais de garde la nuit au sein d’une association appelée le Magen David Adom ( équivalent de la croix rouge en France ). Nous étions 17 médecins à participer à ce tour de garde. Durant la garde, nous étions censés rester dans les locaux du Magen David Adom où les appels étaient reçus par un infirmier qui nous les transmettait soit directement soit par l’intermédiaire d’un Walkie Talkie. Les visites de nuit se faisaient avec nos propres véhicules. Les mois de septembre et octobre étant la période de la célébrations des fêtes du début de l’an hébraïque, Roch Hachana, de Yom Kippour, l’atmosphère générale en cette période en Israël est particulièrement festive, en cet automne 1973 malgré les manœuvres de l’armée égyptienne le long du canal de Suez la situation ne nous semble pas vraiment préoccupante. A la tête du gouvernement israélien de cette époque: Golda Meir, une femme de grande énergie qui a joué un rôle essentiel durant la lutte pour l'indépendance. Le ministre de la Guerre c’est notre Che Guevara israélien, le fameux général Moshé Dayan avec son bandeau emblématique, encore tout auréolé par la victoire de la guerre éclair des Six Jours. Peut-être par crainte de l'opprobre internationale, le gouvernement décide de ne pas prévenir une éventuelle offensive égyptienne. Du côté israélien du canal, a été construit un ouvrage fortifié, nommé d'après le chef d'état-major israélien Haim Bar Lev. Il est supposé être infranchissable (comme la fameuse ligne Maginot durant la deuxième guerre mondiale!), ce qui pour nous est rassurant, et donc les manœuvres de l’armée égyptienne sur l’autre côté du canal ne nous inquiètent pas outre mesure. En plus nous sommes encore sous l’euphorie de la dernière guerre: celle des Six Jours. Les remparts de terre hauts d’une vingtaine de mètres. Des emplacements pour des tanks, des pièces d'artillerie, des mortiers sont prévus. Chaque poste accueille environ 15 hommes. Creusés à une profondeur de plusieurs étages sous le sable, ces forts de béton sont prévus pour procurer un abri aux troupes capable de résister à des bombes de 500 kg tout en étant équipés de l'air conditionné. En arrière de cette première ligne, les Israéliens ont placé de petites unités d'artillerie blindées ; plus loin encore sont installées des bases où sont entreposés les armes et équipements pour les brigades de réserve qui pourraient être mobilisées en 24 heures en cas de tentative de franchissement du canal. Au cas où les Égyptiens tenteraient de franchir le canal, la principale tâche des garnisons étant de donner l'alerte et de diriger le feu d'artillerie des batteries placées en arrière. Les Israéliens se reposaient ainsi sur leur artillerie et leurs forces aériennes pour fixer les unités tentant de franchir le canal jusqu'à ce que leurs réserves puissent atteindre le canal. Comme dernier élément, pour tirer profit de l'obstacle naturel constitué par le canal, les Israéliens auraient même installé un système de tuyaux sous-marins prévus pour pomper du pétrole brut inflammable dans le canal de Suez pour créer un obstacle de flammes. Donc cet ouvrage de défense le long du canal était particulièrement rassurant, et les manœuvres de l’armée égyptienne sur l’autre côté du canal ne nous inquiétait pas. Quarante-huit heures avant le jour de Kippour, mon épouse Adrienne me demande gentiment de faire un effort, et de jeûner comme tout un chacun ce jour là. Ma famille étant non pratiquante je n’avais jamais jeûné auparavant. Par contre Adrienne issue d’un milieu traditionaliste avait l’habitude de le faire et avait pour cette occasion invité sa mère Zara à se joindre à nous d’Angleterre. J’accepte de jeuner pour la première fois, en partie pour ne pas être considéré comme un mécréant par ma belle-mère mais aussi pour faire plaisir à Adrienne. Pourrai-je tenir le coup vingt quatre longues heures sans manger ? Qui vivra verra. Après un délicieux repas et de bonnes résolutions le vendredi soir, veille de Kippour toute la famille va se coucher. Le lendemain étant férié, inutile de se lever tôt. Mais je suis réveillé vers 5h30, par un bruit assourdissant qui me semble être le bang d’un avion qui franchit le mur du son. En Israël ce bruit est très courant, car l’espace aérien est restreint.. Mais le matin de Kippour ! C’est plutôt étonnant! Vers 7h, nous sommes encore au lit et voilà que le téléphone sonne! C’est une patiente qui a besoin de moi pour son bébé et qui habite dans la partie Est de Hertzelia. Nous, nous résidons dans la partie ouest et pour m’y rendre il faut que je traverse l’axe routier qui relie Tel Aviv à Haifa le long de la côte. Devoir oblige. Je m’habille, je ne déjeune pas bien entendu, et je pars dans ma voiture. Hertzelia est une ville morte! Aucune circulation automobile et je suis seul sur la route. Pas étonnant à cause de l’heure encore matinale et en plus c’est le jour de l’année par excellence de repos et de recueillement. Voilà que j’arrive à l’endroit où je dois passer du côté ouest vers le côté est de la ville. Il y a un feu de circulation qui est au rouge et je m’arrête. La route reliant Tel Aviv et Haifa qui me fait face est censée elle aussi être vide de circulation en ce jour de Kippour. Je regarde sidéré les myriades de voitures qui défilent à toute vitesse dans les 2 sens. Même lorsque le feu passe au vert pour moi, elles ne s’arrêtent pas. Qu’est ce qu’il se passe? J’ai un mauvais pressentiment. Tout cela n’augure rien de bon. Finalement je parviens à me faufiler et à traverser. J'arrive chez mon patient et suis reçu par la maitresse de maison qui est dans tous ses états. Non seulement son bébé n’est pas bien mais encore son mari vient d’être mobilisé quelques heures plus tôt, vers 4h du matin, et il est parti rejoindre son unité quelque part. Elle ne sait pas où, Le bang de l'avion, la mobilisation générale, cette circulation effrénée en ce jour du grand pardon… mais bien sûr ! C’était le début de la guerre. C’est malgré tout une grande surprise ! Ce n’est que beaucoup plus tard que j’apprendrai la raison de ce bang supersonique. L’attaque égyptienne nous ayant pris par surprise et comme un grand nombre de pilotes habitait dans la région de Hertzelia, l’armée de l’air avait volontairement provoqué ce bang pour sonner l’alarme. Cet ordre de mobilisation spontanée et plutôt créatif s’avéra bien plus rapide et efficace qu’une chaîne d’appels téléphoniques et nous permit de ne pas gaspiller un temps précieux. Plus tard aussi j’apprendrai que le départ des familles d’officiers russes d’Egypte et de Syrie, quelques jours avant l’ouverture des hostilités n’était pas passé inaperçu. De retour à la maison j’annonce la nouvelle à la famille et nous parlons avec nos voisins. Vers 10 heures la télévision qui jusque-là est restée muette commence à émettre à nouveau et nous apprenons que les Égyptiens ont traversé le canal de Suez, que la mobilisation générale a eu lieu et que nous sommes officiellement en état de guerre. Quelques minutes plus tard ce sera l’annulation du jour de Kippour et du jeûne qui l’accompagne. Avec mon fils Adam, nous allons récupérer grand-mère Zara à son hôtel. Nous la trouvons attablée à la terrasse en train de prendre une tasse de thé et quand nous lui apprenons qu’on vient la chercher pour la ramener à la maison, à cause de la guerre, sa réponse relève typiquement du flegme britannique puisqu’elle nous répond : « Très bien, allons-y. ! » Dans la plupart des habitations en Israël déjà à cette époque, une pièce est prévue pour servir d’abri anti-aérien. Chez nous il s’agit d’un petit local avec des murs très épais et une grosse porte métallique. Évidemment cet endroit nous sert normalement de cave et de remise. Zara, une experte puisqu’elle avait traversé le blitz, à Londres pendant la seconde guerre mondiale prend la direction des opérations. « Nous ne nous rendrons jamais », comme l’avait proclamé son illustre compatriote, Sir Winston Churchill. Elle nous fait dare dare débarrassé l’abri de tout son contenu. Elle nous fait installer table, chaises, bouteilles d’eau, boites de conserve, trousse de premiers soins et j’en passe. Puis elle nous a fait recouvrir les fenêtres avec du papier noir. Nous nous sentons maintenant prêts à toute éventualité. En 1973 je n’ai pas la nationalité israélienne et mon statut est celui de résident temporaire. Ce statut est attribué aux nouveaux émigrants qui ne veulent pas prendre la nationalité des leur arrivée. Elle est attribuée en général pour une durée de 3 ans, elle ne dispense pas de payer ses impôts, mais vous dispense temporairement de vos obligations militaires. Je ne pouvais donc pas être mobilisé par l’armé, mais civilement je pouvais être réquisitionné. C’est ainsi que des le 2ème jour, la liste des médecins qui assurent les gardes de nuit dont je vous ai parlé au début de ce récit passe de 17 à 7 médecins, et puis très rapidement je me retrouve tout seul sur la liste, car tous mes autres confrères sont mobilisés. Donc je suis de garde…toutes les nuits. Les écoles n’ont pas fermé. Les parents y amènent leur voiture et les écoliers se chargent de peindre les phares avec une peinture bleue qui diminue beaucoup l’intensité de la lumière qui permet de ne pas être repérés la nuit par les avions ennemis éventuels. Les parents sont aussi mis à contribution pour la surveillance des établissements scolaires, et doivent assurer une garde à l’extérieur dans l’éventualité d’une infiltration ennemie à partir de la mer. Une arme de poing nous est alors temporairement distribuée pendant notre tour de garde. Les cours en classe sont désormais en rapport avec la situation sécuritaire. Ne plus s’aventurer en dehors de la route (mes filles prenaient souvent un raccourci à travers champs pour se rendre à l’école), ne pas ramasser des objets dehors, etc...Les enfants confectionnent des colis de friandises pour les soldats au front. Certains enfants écrivent des lettres à des soldats qui leur répondent. Ce fut le cas pour l’une de mes filles qui fut très triste le jour où la correspondance s’arrêta. Elle pensait que son soldat était mort et en fait elle n’eut jamais d’autres nouvelles. Quelquefois la sirène retentit la nuit. Il faut alors réveiller les enfants et aller vite se mettre dans l’abri. Cela n’est pas sans déplaire à mes enfants, car à la fin de l’alerte on a droit à un chocolat chaud avant de se recoucher, histoire de se remettre de ses émotions. Très rapidement les nouvelles du front sud et nord sont très inquiétantes, car il s’agit d’une attaque par surprise synchronisée entre les syriens et les égyptiens. On sait qu’il y a de nombreux morts mais cela reste flou. On se garde bien de nous donner des chiffres ! Ce sera l’un des conflits les plus lourds en termes de pertes humaines du côté d’Israël, qui dénombrera plus de 3000 morts. A l’échelle d’un pays de 5 millions d’habitants à l’époque, c’est énorme, pour seulement 20 jours de conflit. Des les premiers jours du conflit , Israël fut largement déstabilisé , notamment par la présence de missiles sol-air de fabrication soviétique (les fameux SAM 2, 3, 6 et 7) qui firent une hécatombe dans les rangs de l’armée de l’air israélienne, et l’empêchèrent de dominer les cieux contrairement à ce qui s’était passé auparavant. Des le début je suis confronté à la dure réalité de la guerre, car je suis réquisitionné dans la journée pour accompagner des officiels qui doivent annoncer à la famille le décès d’un fils ou d’un père. Dés les premiers soirs aussi je me rends compte que je vais avoir des problèmes pour gérer les gardes. Comme je l’ai déjà dit, je me retrouve très vite le seul médecin sur la liste, et de nuit il faut trouver les adresses des patients, sans lumière de phares, ni de lumière dans les rues et récupérer les appels transmis par walkie talkie par un standard du MGA. De plus la solitude la nuit me pèse beaucoup. C’est pourquoi je décide de me trouver une aide et très vite on met en contact avec un jeune étudiant en psychologie arrivé récemment de France donc non mobilisable, Philippe K. Imaginez un type tout en longueur, maigre comme un échalas avec un regard doux et rêveur de myope derrière des lunettes d’écaille aux verres épais.. Bref, c’est bien évidemment l’homme qu’il me faut vu les circonstances ! Nous parlons la même langue et nous avons la même culture bien que de générations différentes. Philippe a 20 ans. Nous nous organisons donc pour travailler ensemble et nous partager la tâche. Il récupère les appels radio, il s’occupe de la sacoche de médicaments, il marche en éclaireur devant la voiture quand la visibilité devient impossible pour trouver une adresse à cause du couvre feu... De mon côté je conduis, je soigne, et je m’occupe de la partie administrative. L’arrivée de Philippe me facilite considérablement la tâche. Déjà le simple fait de pouvoir d’avoir de la compagnie est apaisant. Et il adore bavarder! Une vraie pipelette. Souvent, il me laisse dormir sur le lit de camp du poste central du MDA quand nous avons une accalmie dans la nuit pendant qu’il somnole sur une chaise en lisant des bandes dessinées pour améliorer son hébreu. Une fois même, à la suite d’une garde particulièrement rude, il décida de son propre chef de ne pas me « déranger » et donna à un grand-père venu consulter parce ce qu’il souffrait de l’estomac des suppositoires anti spasmodiques pour bébé. Heureusement ce fut sans conséquences néfastes pour le dit grand-père. Il y avait peu d’urgences vitales durant ces gardes nocturnes. Bébés fiévreux, douleurs diverses, beaucoup d’anxiété,… Des pathologies qui auraient pu attendre le lendemain, mais qui dans un contexte de solitude et de guerre prenaient une toute autre importance. Très souvent nous repartions de chez les patients avec des gâteaux ou des friandises que je ramenais à la maison le lendemain matin. Le secteur médical pour la nuit était assez important.il comprenait la ville de Hertzélia, celle de Rahanana et une partie de Ramât Hasharon. Environ 40.000 habitant. A l’époque nous avions seulement des plans, pas de GPS ! Très souvent la carte n’était pas à jour pour les nouveaux quartiers et les nouvelles résidences. Philippe était obligé de descendre et marcher devant la voiture, car l’éclairage municipal était éteint, que les phares de la voiture peint en bleu, éclairaient à un ou deux mètres devant. Il devait s’approcher des portes d’entrée pour répéter les numéros de rue ainsi que les noms de rue. Bref, heureusement que nous étions deux. Parfois la situation pouvait être ubuesque ! Jugez plutôt ! Nous sommes appelé dans un quartier type ‘HLM’ par une patiente âgée qui semble affolée car son mari ne lui parle plus et n’arrête pas de dormir. Nous nous rendons sur place, montons l’escalier suspendu le long de la façade de l’immeuble. Nous arrivons chez la dame qui nous ouvre et nous suivons la procédure habituelle. Pendant que je vais examiner le patient, Philippe de son côté dégaine son crayon et commence à prendre les coordonnées administratives et médicales afin de gagner du temps. A mon étonnement dès que je touche le patient, je me rends compte qu’il est froid, et un examen plus minutieux me montre qu’il est décédé et qu’il a dû mourir il y a déjà plusieurs heures ! Instinctivement je me relève, je prends le drap et le tire vers le haut pou recouvrir le visage du défunt. Puis je me retourne et je dis en hébreu tout naturellement « il est mort «. La réaction de la dame est fulgurante: elle se met à pousser des cris déchirants et commence à se tordre les mains de désespoir. Sa fille sort d’une autre pièce et fait de même .Il faut dire que nous nous trouvons dans un quartier à majorité moyen orientale, plus précisément irakienne. Tout l’immeuble est réveillé par les lamentations de la pauvre veuve et de sa fille. Les couloirs s’allument, des portes claquent, des voisins sortent de chez eux pour venir aux nouvelles, et certains même se mettent à gémir et à pousser des cris eux aussi.. De notre côté nous ne pouvons rien faire de plus. Nous avons d’autres patients à qui rendre visite. Je signe le certificat de décès et nous repartons par cet escalier extérieur, sur un fond sonore de pleurs, de lamentations, et de braillements qui sont de plus en plus fort. Pendant notre descente, Philippe, tout bouleversé par ce qui vient de se passer, me dit sur un ton de reproche « tu sais Alain, tu exagère. Tu prends le drap, tu recouvres le monsieur et tu dis : il est mort ! » « Et alors, rétorquais-je, qu’est ce que j’aurais dû dire. Il va mourir, il est en train de mourir? Préparez-vous, madame, il va probablement mourir. » Il était mort depuis au moins trois ou quatre heures ». Philippe qui continue à me regarder d’un air plein de reproches commence à m’agacer un tantinet… « Je sais pas moi. Tu aurais pu faire preuve de plus de délicatesse, de plus de psychologie ! » Et il ajoute « Et d’abord, es-tu sûr qu’il est mort? Moi, j’ai vu un de ses pieds bouger quand tu as remonté le drap pour le couvrir » Alors là, je le regarde avec des yeux ronds, je suis fatigué, je manque de sommeil et il commence à m’angoisser pour de bon. Bien sûr qu’il était mort. J’ai l’habitude, ce n’est pas le premier. On n’était pas encore en bas de l’escalier qu’il ajoute « et si on remontait pour vérifier «. La s’en était trop, il voulait m’achever. N’empêche que toute la nuit je suis resté avec mon angoisse, imaginant la une des journaux le lendemain. Une patient déclaré mort par le Dr Giami, se porte comme un charme! Bien sûr il n’en fut rien. La guerre a duré 20 longs jours, avec beaucoup de morts et de blessés. La suite est connue : Dans le nord sur le plateau du Golan : 2 500 soldats israéliens ont trouvé la mort. Malgré une supériorité numérique écrasante des chars syriens, la guerre des tanks sera remportée par les Israéliens. Certains racontent que les commandants de char israélien qui dirigent le combat debout dans la tourelle, ce sont rendu compte que les chars syriens combattaient tourelle fermée, ce qui les privait d’une vision à 360° Par ailleurs "Sans qu’on en dispose la preuve absolue, il semble bien que Moshe Dayan ait envisagé, en ces jours de désespoir, de brandir la menace nucléaire, si la situation venait à se dégrader davantage et qu’il ait donné le feu vert à des mesures préliminaires". Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’espion n° 1 d’Israël en 1973 n’était autre que… le propre gendre du président Nasser, devenu, après la mort de ce dernier, le plus proche conseiller de son successeur Sadate. Les dirigeants du Mossad l’avaient surnommé "l’Ange». Il fallut attendre 2007 pour que l’identité de cet homme, Ashraf Marwan, soit révélée au grand jour, après qu’il fut mystérieusement "tombé" de son balcon à Londres.
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